« Favoriser un enrichissement croisé », Philippe Darmayan

4 avril 2016

logo_usine_nouvellePhilippe Darmayan, Président du GFI et de l’Alliance Industrie du Futur, a répondu aux questions de L’Usine nouvelle (édition de la semaine du 28 mars 2016) au sujet des travaux de l’Alliance. Selon lui, c’est pas l’échange de pratiques exemplaires que les entreprises, PME en tête, peuvent appréhender le basculement vers l’usine du futur.

 

Quel est votre rôle à la Présidence de l’Alliance Industrie du futur ?

Il est opérationnel : utiliser mon expérience de gestion de projet pour que les choses avancent et qu’on ne se disperse pas trop. L’Alliance est originale dans le paysage français. Cette association a une action de développement économique dans laquelle l’Etat demande aux industriels d’être opérationnels. Son origine, ce sont les 34 plans de la nouvelle France industrielle initiés par Arnaud Montebourg et repris dans le cadre de la nouvelle politique industrielle d’Emmanuel Macron, comme le rassemblement de toutes les actions pouvant amener l’industrie française à progresser en utilisant les technologies nouvelles. Cette politique a deux objectifs : améliorer l’attractivité du territoire France et améliorer une industrie d’équipementiers français.

 

Pour certaines entreprises, il s’agit de prendre de l’avance en construisant l’usine du futur ; pour beaucoup, c’est combler un retard. Comment les concilier ?

C’est la partie essentielle de l’attractivité du plan. Nous travaillons de façon ouverte avec les régions pour soutenir leur politique économique en faveur des PME. Nous avons labellisé des consultants pour permettre aux chefs d’entreprise de repenser leur situation. Quelque 1500 entreprises ont été auditées, dont pas moins de 600 ont abouti à un projet concret. Des financements de régions ou d’Etat -600 millions d’euros environs- ont été mis en oeuvre. Sur les 600 entreprises retenues, il y en a 150 auxquelles nous voulons donner une visibilité pour que d’autres puissent y cherche des exemples.

 

Quelles sont les quatre ou cinq qu’il faut aller visiter ? 

Pour voir comment le numérique peut permettre à un groupe de capter des parts de marché et savoir en temps réel quelle est la consommation de ses clients et les réapprovisionner en direct, allez voir Air liquide. Pour voir un site de l’industrie lourde qui a créé une simulation complète de son process pour les arrêts programmés, allez chez Solvay. Pour voir une usine qui connecte complètement ses process afin d’avoir une vision de sa qualité sortante dès le début de la fabrication et des inputs de process, vous irez voir Bosch à Rodez. Enfin, si vous voulez voir un système intégré de supply chain, allez chez BoostAeroSpace.

 

Comment diffuser les exemples ?

Introduire du numérique, changer de business model, aller vers les produits connectés, comprendre l’accélération du rythme qu’apporte le numérique, cela demande un effort d’imagination important. C’est le challenge des chefs d’entreprise d’imaginer ce que peut devenir leur chaîne de valeur

 

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