Edito du Président

1 avril 2015

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La remobilisation de l’industrie doit s’amplifier parce qu’il n’y a pas d’économie forte et de plein emploi sans une industrie forte, modernisée et exportatrice. 

 

En effet, l’industrie dispose de puissants leviers agissant sur la croissance potentielle, et d’une capacité d’entraînement démontrée sur l’économie nationale et sa projection sur les marchés internationaux :

  • Elle assure 50% de la productivité nationale.
  • Elle régule les échanges de biens et services en assurant 74% de l’export français sur un marché du commerce mondial qui concerne à 70% des biens manufacturés.
  • Elle est une clé de l’innovation en totalisant 80% de la R&D privée, et la principale source d’innovation pour les technologies et les services fortement intégrateurs de technologies.
  • Elle peut, par sa croissance et sa capacité d’innovation, être le moteur du renouveau industriel européen dont l’objectif a été fixé à 20% du PIB de l’UE en 2025.
  • De nombreuses économies développées affichant une croissance soutenue et un faible taux de chômage, le doivent aussi à leur haut niveau d’industrialisation.

Un seul emploi industriel direct crée 1.5 emplois indirects, et trois emplois induits dans le reste de l’économie. De même, 1 euro investi dans l’industrie en injecte 0.7 dans le reste de l’économie française. Par cet effet multiplicateur, supérieur à celui constaté en Allemagne, l’industrie entraine près de 20% du PIB national (source IDW – 2014) : son redressement doit constituer un objectif consensuel pour toute notre économie.

Pour le GFI, la désindustrialisation des économies développées est réversible, elle n’est pas une fatalité due aux limites de la productivité, à une mondialisation inéluctable source d’une soi-disant division internationale du travail, ou à l’évolution des modèles de consommation.

L’affaiblissement de l’écosystème industriel réduit mécaniquement le socle fondamental de la formation, de la recherche, de l’innovation. Il induit la dégradation d’autres secteurs économiques, dont les services. Le renforcement d’un appareil manufacturier, modernisé et à fort contenu de services, est un levier majeur dont la France dispose pour rééquilibrer sa balance commerciale, se désendetter, créer des emplois qualifiés, et redonner à sa jeunesse un projet pour l’avenir.

Avec 3.1 millions d’emplois directs, 4.5 millions d’emplois indirects, 263 Mrds € de valeur ajoutée créée et 78 Mrds € d’investissements, l’industrie française conserve toute ses opportunités de progrès, de croissance et d’emplois dans cette 4ème révolution industrielle qui s’ouvre. C’est pourquoi l’Union européenne à assigné à ses industries un objectif de peser 20% de son PIB d’ici 2025.

Le modèle industriel est au coeur d’une vaste transition, source de risques et de disruptions, mais aussi créatrice de nouvelles voies de croissance portées par les révolutions technologiques et sociétales, et exigées par les nouveaux enjeux environnementaux, énergétiques, climatiques et sociaux.

D’une part, la transformation des processus de production et des business models va accroître la productivité et la flexibilité industrielles, et forger une Industrie du Futur à plus forte dimension servicielle, plus efficace et plus proche du client final.

D’autre part, les nouvelles technologies sont les clés des marchés du futur (mobilité, sécurité, nutrition, bio-santé, communication, numérique, nouveaux matériaux…), et elles sont autant d’opportunités pour l’industrie d’apporter aux citoyens des solutions scientifiques et technologiques, équilibrées et adaptées.

Car la France dispose encore d’atouts considérables : une démographie dynamique, une forte capacité de Recherche, d’ingénierie et d’innovation, une créativité mondialement reconnue (mode, luxe, création massive de startups…), une énergie abondante à un coût compétitif (grâce à son parc électronucléaire), des infrastructures de qualité et des salariés hautement qualifiés, et un tissu industriel riche et diversifié constitué au fil des dernières décennies.

 

Philippe DARMAYAN

Président du GFI