Conditions objectives de travail et ressenti des individus : le rôle du management – Synthèse de la Fabrique de l’Industrie

7 juillet 2017

Qui sont les travailleurs français ? Dans quelles conditions travaillent-ils et comment se sentent-ils au travail ? À partir des données de l’enquête Conditions de travail de la DARES (2013), nous dressons les portraits types des actifs occupés, d’abord sur les conditions de travail objectives (temps de travail, rémunération…), puis en fonction de leur ressenti au travail (bien-être, tensions…). On mesure notamment le grand impact des tensions avec la hiérarchie sur la dégradation de la QVT.

 

Analyse de l’enquête Conditions de travail de la DARES (2013)

En analysant les réponses à l’enquête Conditions de travail de la DARES, on met au jour les déterminants objectifs et subjectifs de la qualité de vie au travail des actifs. Plusieurs profils d’individus sont ainsi définis en considérant d’une part leurs conditions de travail objectives (temps de travail, autonomie, travail en équipe…) et, d’autre part, leur ressenti par rapport au travail (bien-être au travail, tensions avec les collègues ou la hiérarchie…).

Quand ils sont établis sur la base de critères objectifs, ces profils dépendent essentiellement de la nature de l’activité (être indépendant, travailler dans une grande entreprise, dans l’industrie, dans les services peu qualifiés, dans le domaine de la santé…) et du statut social de l’actif. Au passage, on voit là «réapparaître» la catégorie des ouvriers de l’industrie que d’aucuns disaient disparue. Autre caractéristique notable, on ne peut pas aisément ordonner ces profils en fonction d’un «score» de QVT: chaque situation présente des avantages et des inconvénients qui se compensent partiellement.

Il en va tout autrement des profils établis sur la base de critères subjectifs. Cette fois, les actifs se classent spontanément depuis les «heureux au travail» qui ont les scores les plus élevés sur toutes les dimensions de la QVT, en passant par les «rien à signaler», jusqu’aux deux groupes d’actifs stressés qui subissent un grand nombre de tensions et qui, de ce fait, portent une appréciation négative sur leur travail. À de rares exceptions près, ces profils subjectifs se répartissent de manière homogène entre tous les types d’emplois et tous les niveaux de qualification.

Le croisement entre les profils objectifs et subjectifs révèle plusieurs résultats importants. Ainsi, il existe une corrélation très nette entre ceux que l’on peut objectivement nommer «les accidentés du travail» et ceux qui font état de fortes tensions avec leurs collègues ou leur hiérarchie. Certains résultats sont plus contre-intuitifs. Par exemple, c’est au sein des actifs issus de l’immigration, des ouvriers ou encore des actifs des services peu qualifiés qu’on observe les plus fortes proportions de gens «heureux au travail».

 

 

La synthèse est disponible en téléchargement ci-contre.

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